Accueil > Le Collectif Alpha au quotidien > 12 MARS : Le Collectif Alpha à la Manifestation nationale : Communiqué de (…)

12 MARS : Le Collectif Alpha à la Manifestation nationale : Communiqué de presse du Collectif Alpha et de Lire et Écrire Bruxelles

mardi 17 mars 2026, par Collectif Alpha

Communiqué de presse du Collectif Alpha et de Lire et Écrire Bruxelles
À l’occasion de la manifestation du 12 mars 2026

Pour une politique publique ambitieuse en matière d’alphabétisation

La récente formation du nouveau gouvernement bruxellois ouvre une nouvelle législature et dessine les priorités politiques des prochaines années. Or, à la lecture de la Déclaration gouvernementale, un constat s’impose : nulle part la question de l’alphabétisation n’y est mentionnée. Cette absence interpelle, tant l’analphabétisme constitue une réalité massive à Bruxelles.

Dans un contexte de contraintes budgétaires annoncées et de redéfinition des priorités publiques, nous craignons que le droit à l’alphabétisation soit relégué au second plan, alors même qu’il conditionne l’accès à tous les autres droits.

Communiqué de presse du Collectif Alpha et de Lire et Ecrire Bruxelles
À l’occasion de la manifestation du 12 mars 2026

Pour une politique publique ambitieuse en matière d’alphabétisation

La récente formation du nouveau gouvernement bruxellois ouvre une nouvelle législature et dessine les priorités politiques des prochaines années. Or, à la lecture de la Déclaration gouvernementale, un constat s’impose : nulle part la question de l’alphabétisation n’y est mentionnée. Cette absence interpelle, tant l’analphabétisme constitue une réalité massive à Bruxelles.

Dans un contexte de contraintes budgétaires annoncées et de redéfinition des priorités publiques, nous craignons que le droit à l’alphabétisation soit relégué au second plan, alors même qu’il conditionne l’accès à tous les autres droits.

C’est pourquoi Lire et Écrire Bruxelles et le Collectif Alpha ont uni leurs voix pour adresser cette lettre ouverte aux responsables politiques régionaux. Elle est le fruit d’échanges avec les associations bruxelloises qui accompagnent, chaque jour, des milliers d’adultes confronté·es à des difficultés majeures de lecture, d’écriture, de calcul et d’accès au numérique.

Analphabétisme ? De qui parle-t-on ?
Les formations d’alphabétisation s’adressent aux personnes qui ne maîtrisent pas les compétences fondamentales (oral, lecture, écriture, calcul) et les savoirs de base équivalents au Certificat d’Études de Base (CEB), et ce dans aucune langue. À cela, s’ajoutent les difficultés à utiliser les outils numériques devenus nécessaires aujourd’hui pour participer à la société et accéder à ses droits.

Ce sont des personnes qui n’ont pas ou peu été à l’école, mais aussi des personnes qui sont allées à l’école en Belgique et qui en ont été exclues tant le système scolaire est inégalitaire. On constate effectivement qu’en 2025, près de 13 % des enfants quittent l’enseignement primaire sans le CEB.

Ce sont des milliers de femmes et d’hommes qui, chaque jour, peinent à comprendre un courrier administratif, à lire une facture, à écrire un mail, à faire un virement en ligne, à naviguer sur internet, à inscrire leur enfant à l’école, à lire le journal de classe, à utiliser toutes les applications imposées par les administrations telles que My Actiris ou Iris Box…

À Bruxelles, une réalité massive
On estime qu’à Bruxelles, au moins 10 % des personnes de plus de 18 ans sont concernées, soit 117000 adultes. Malgré l’absence d’enquête spécifique liée au territoire bruxellois, nous pensons que ce chiffre est largement sous-estimé. En effet, il est avéré, selon l’enquête PIAAC 2024 de l’OCDE, que 18 % des personnes âgées de 16 à 65 ans en Flandre peinent à comprendre un texte suivi.

L’alphabétisation : un droit fondamental
L’alphabétisation est un droit inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits Humains (art. 26) et dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (Art. 14). C’est aussi une condition d’accès à tous les autres droits : se former pour apprendre un métier, travailler, voter, se soigner, participer à la société.

L’alphabétisation permet :
• L’autonomie dans la vie quotidienne : ne plus dépendre d’autrui pour remplir un formulaire sur internet, comprendre une facture, aller chez le médecin...
• L’accès à la formation qualifiante et à l’emploi.
• La participation et la citoyenneté : remplir un bulletin de vote, participer aux débats citoyens, être actif dans son quartier, connaître ses droits et comprendre les règles de notre société...
• La confiance en soi et l’émancipation.

Un outil d’égalité et de justice sociale
À Bruxelles, l’analphabétisme touche surtout les publics les plus précarisés. Investir dans l’alphabétisation, c’est donc :
• Réduire les inégalités structurelles d’accès aux droits.
• Donner des moyens d’action à ces publics pour s’en sortir et trouver une juste place dans la société.
• Lutter contre la pauvreté.

Une formation utile pour trouver un emploi
L’alphabétisation est indispensable car elle permet l’accès à des formations qualifiantes et à une meilleure insertion dans un marché du travail de plus en plus écrit et numérisé. Elle donne des outils essentiels pour mener à bien les démarches de recherche active d’emploi : rédaction de CV, inscription sur My Actiris, réponses aux offres d’emploi, entretiens, … Et, avec l’acquisition des compétences de bases, elle développe l’autonomie, l’estime de soi et l’employabilité.

Un investissement pour l’avenir
L’alphabétisation renforce l’efficacité de toutes les politiques publiques. Sans elle, les politiques d’emploi, de formation, de cohésion sociale ou de santé sont vouées à l’échec. Notamment parce que ces politiques reposent toutes sur la compréhension des messages publics par toutes et tous. Une personne qui ne sait pas lire un courrier administratif ne peut pas exercer ses droits et remplir ses devoirs en tant que citoyen.

Investir dans l’alphabétisation, c’est économiser aujourd’hui ce qu’il faudra dépenser demain en santé, chômage, en aide sociale…

Notre appel au nouveau gouvernement bruxellois

Nous considérons que l’analphabétisme est une réalité sociale qui traverse et impacte toutes les politiques publiques bruxelloises. Il faut donc des mesures politiques à la hauteur de la tâche.

Dès lors, nous vous demandons de…

  • Faire de l’alphabétisation une priorité transversale dans l’accord de gouvernement bruxellois et poser le droit à l’alphabétisation comme socle indispensable à l’accès à l’emploi, au logement, à la santé… ainsi qu’aux autres droits fondamentaux.
  • Préserver et renforcer les moyens consacrés au secteur dans sa diversité : ISP-alpha, Cohésion sociale, Éducation permanente et Parcours d’’accueil des primo-arrivants. Car c’est cette diversité qui permet de répondre aux besoins différents des publics : trouver un emploi, soutenir son enfant dans sa scolarité, être plus autonome, avoir accès à la nationalité...
  • Préserver les moyens des autres secteurs associatifs essentiels pour les personnes analphabètes et pour toutes et tous.

Voir en ligne : Le Collectif Alpha sur BX1