Collectif Alpha asbl

Alphabétisation d’adultes à Bruxelles

Accueil > Les apprenants s’expriment > Textes et dessins de participants > [article1 rubnum] Un théâtre de marionnette pour se parler (2010) > Un théâtre de marionnettes pour se parler

Un théâtre de marionnettes pour se parler

vendredi 16 mars 2012, par Collectif Alpha

L’atelier « Récits de Vie »
c’est raconter un petit morceau de sa vie
écouter celle des autres
lire, écrire
et mettre le tout en dessins, en peinture.



>> Les photos de l’expo au Brass dans le cadre du Festival Arts et Alpha en juin 2012




En 2010, le projet de l’atelier "Récits de Vie" au Collectif de Molenbeek était de construire un théâtre de marionnettes.
Les formatrices et les participants ont réfléchi à la mise en décor de leur propre récit, construit et réalisé des marionnettes, un castelet et un petit théâtre.

PDF - 1.4 Mo
Etapes de la réalisation du petit théâtre de marionnettes





Cliquez sur l’image pour découvrir le PDF


Les textes écrits et illustrés par les participants leur ont servi à la réalisation des décors et des marionnettes.
En voici quelques extraits.

A 10 ans...

A 10 ans, je fabriquais avec mon père des bijoux.
C’était des bijoux pour les adultes.
Des bagues, des colliers, des bracelets en or ou en argent.
Abdoulaye

A 10 ans, j’allais à la mer avec les copains.
Je regardais les petits bateaux des pêcheurs.
Ils ramenaient des poissons que l’on grillait sur les quais du port.
Mimoun


A 10 ans, j’étais à l’école. Après je jouais avec les autres enfants dans la rue. Nous jouions à un jeu : lancer une petite pierre sur une colonne de pierre pour les faire tomber. Nous jouions aussi à cache-cache.
Alia


A 10 ans, je courais beaucoup. Dans mon quartier avec les autres enfants nous organisions des courses et très souvent je gagnais. J’étais très bon en vitesse.
Kamil

A 10 ans, j’allais souvent chez ma grand-mère.
Elle avait un très grand jardin avec beaucoup de fleurs
et de légumes, de la salade, des artichauts, des pêches...
Dans ce beau jardin, je jouais avec mon frère.
Sabera


A 10 ans, j’allais à l’école et j’avais très peur du professeur,
elle était méchante et me pinçait très souvent.
Quand maman est morte, je n’ai plus été à l’école.
Koy


Mal reçus

A la poste
Un jour, je devais envoyer une lettre en Espagne. Je vais à la poste pour l’envoyer en recommandé.
Je demande à l’employé de remplir le document, car je n’avais jamais vu ce document, à ce moment-là je ne savais pas écrire.
L’employé fâché, me dit : « cherchez quelqu’un pour remplir le papier, ce n’est pas mon travail de remplir les papiers. »
J’ai trouvé quelqu’un dans la rue, c’était un jeune. Il m’a rempli le papier et j’ai pu envoyer ma lettre.
Maintenant, c’est différent ! je sais écrire et je peux remplir les papiers toute seule, avant je ne savais pas écrire, ni lire, ni parler le français.
Alia

La commune d’Anderlecht
Je suis arrivé en Belgique en 1989 comme réfugié politique.
Chaque mois il fallait aller à la commune, c’était la commune d’Anderlecht. Il fallait faire la file dès 6h du matin, sous la pluie et dans le froid ... nous étions traités comme des chiens. J’étais très choqué.
Je ne connaissais personne.
On m’avait envoyé à Anderlecht. Avant, j’étais à Gand, j’y suis resté quelques mois, là il y avait 13 personnes, et l’accueil était très bien.
J’ai dû faire ces files pendant 3 ans !
Mohamed

Vitre cassée
Pendant la nuit, à 2h du matin, la police sonne chez moi.
On avait cassé les vitres de ma voiture et la police avait retrouvé les jeunes. J’ai dû aller au poste de police pour faire une déclaration et porter plainte.
Mais en voyant ces 4 jeunes, j’ai refusé de porter plainte ; porter plainte contre ces jeunes, non ! puis, il faut un avocat, c’est moins cher de remplacer les vitres que de faire des démarches administratives qui coûtent chers.
Abdel-Illah

La police
Il y a environ 15 ans. Notre voiture était en panne, mon mari va au garage que nous connaissions bien. Deux jours après mon mari devait aller la rechercher.
Mais le lendemain à 3h du matin la police vient sonner chez nous. J’ouvre la porte et 20 policiers sont là, ils encerclent la maison, mitrailles à la main. J’avais peur et j’étais sous le choc.
Heureusement, mon mari avait le papier du garagiste indiquant que notre voiture était là pendant 2 jours.
Un ouvrier du garage avait utilisé notre voiture pour faire un hold-up.
Mais qu’est-ce que j’ai peur cette nuit-là !
Naziha



- Cette activité s’est inscrite dans le cadre d’un projet « Alpha Culture » du Ministère de la Communauté Française -



Animatrice : Bénédicte Verschaeren
Intervenante artistique : Nathalie De Wolf